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L’école, en panne d’inspiration ?

refuser la rencontre, c'est l'appauvrir

Il y’a plusieurs mois, j’ai rencontré un terminale pro dans le cadre d’une petite conférence dans une classe en région parisienne. Ce terminale m’a donné un insight vraiment intéressant. Au départ, il était comme les autres, son portable à la main, sa motivation bien rangée chez lui dans sa chambre. Mais à la fin, quelque chose en lui était changé, son regard avait évolué. Il n’a pas parlé pendant la conférence mais, alors que je partais pour retourner au bureau, il m’a interrompu et m’a parlé de son projet. Sur le moment, c’était très mignon, il voulait lancer une chaîne de climatiseurs en Afrique. Je lui ai glissé deux trois idées puis on s’est dit au revoir.

Je ne pensais pas le revoir mais 2 jours plus tard, son professeur m’envoie un message en me demandant de le prendre en stage dans nos bureaux quelques jours. J’accepte donc et je le reçois un mardi matin à 8h30. “Moi, je sais que je veux faire ! Du commerce, j’aime bien ça échanger, vendre, mais en cours, on ne nous parle que d’être chef de rayon ou de tenir une boutique et moi, je veux pas tenir de boutique. Moi, je veux monter ma boîte, je veux créer quelque chose”. Et là, un des compliments les plus beaux qu’on ne m’a jamais fait “je pensais créer un jour mon entreprise mais je n’osais pas le dire ou le faire. Mais je t’ai vu et maintenant, je suis sur que je veux faire comme toi, je veux apprendre, je vais me lancer”.

“J’ai beau chercher la vérité dans les masses, je ne la rencontre que dans les individus.” Eugène Delacroix

Ce cas, n’est malheureusement pas un cas isolé. Face à l’immensité vertigineuse des possibilités qui s’offre à nous, rare sont ceux qui se lancent dans l’inconnu. On se rattache à ce qu’on connaît, voire ce qu’on a déjà pu expérimenter. Heureusement, l’école nous offre là un panel de solution pour nous guider : des fameuses brochures, créatrice de vocations depuis 1970, aux vidéos de témoignage de 10 min de Christophe ébéniste, ou Isabelle directrice marketing qui suffiront sans aucun doute à déterminer nos 5 prochaines années d’études, voire le reste de notre vie. Pas étonnant qu’on finisse avec un sincère et réfléchi : « Quand je serais grand, je ferai comme Papa » plus ou moins dissimulé. Pas étonnant non plus que l’on retrouve 46% des étudiants en 1ère année de fac qui se réorientent, 92 % des élèves décrocheurs qui estiment l’être par manque de motivation et d’intérêt, et un nombre exponentiel de trentenaires qui font des « job-out », à savoir quitter leur carrière bien rangée pour se lancer à la poursuite de leur rêve d’enfant.

Ce dont manque cruellement notre parcours scolaire ce sont des rencontres.

Les rencontres rassurent, ouvrent des perspectives et élargissent les connaissances. Les rencontres sont de potentielles sources d’inspiration, de possibles modèles, créateurs de motivation et producteur de vocation. La question n’est plus, “que vais-je faire plus tard”, mais “qui vais-je devenir? “

Décloisonnons l’école ! Les professionnels auréolés d’une grande réussite n’ont pas le monopole de l’inspiration.

Qui mieux qu’un passionné, un personnage original, pourra m’inspirer, répondre à mes interrogations et faire naître en moi la volonté de suivre ma propre route ? Donc de m’éloigner des sentiers battus qui m’étaient prédestinés ?

L’école est encore aujourd’hui construite en silos, elle dissocie les différentes générations et se coupe de la société. C’est une barrière à l’inspiration sous toutes ses formes.

Il est donc nécessaire d’ouvrir les établissements scolaires.

A l’intérieur déjà.

Nous rangeons les jeunes par ordre de production (cf. Ken Robinson), dans une logique de compétition dès le plus jeune âge via un système de notation. Or, il est (très) compliqué de s’inspirer d’un jeune du même âge que soi aux expériences similaires. Pourquoi ne pas mélanger les étudiants ? Un terminale de 17 ans pourrait tout à fait inspirer un collégien de 13 ans qui pourrait lui-même inspiré un écolier de 8 ans. Cela favoriserait la responsabilisation des aînés d’un côté, et de l’autre côté ce serait une source manifeste d’inspiration pour leurs cadets.

Vers l’extérieur ensuite.

Il est totalement absurde qu’encore aujourd’hui le seul contact avec le monde professionnel durant le parcours scolaire soit un stage d’une semaine en 3ème. Stage obtenu par un piston qui sort rarement de notre sphère de connaissances proches. Certains lycées privés proposent des parcours d’orientation en favorisant les rencontres régulières avec des professionnels. Ils sont cependant encore trop peu nombreux. Il est nécessaire d’aménager des moments privilégiés de rencontres professionnelles, couplé à des sessions de réflexion et de développement personnel. Certains de nos voisins européens vont même plus loin dans l’insertion de l’école dans la société. Pour exemple, Jarmo Suominen, professeur de science en Finlande, a mis en place une école entièrement décentralisée. L’école n’est alors plus le centre où l’on apprend tout des sciences à la littérature, mais s’inscrit dans un réseau global où chaque élève évolue parmi des professionnels, apprend les maths avec des chercheurs et le français avec des libraires.

Allons à la rencontre de l’inspiration !

Que pourrions nous mettre en place en France ? Comment faire coopérer les professeurs avec leurs collègues passionnés ? Comment faire rencontrer un jeune en difficulté intéressé par l’informatique avec un ingénieur chevronné ? Comment donner des idées à des collégiens perdus ?

Et si la première étape n’était pas tout simplement de permettre à tous ces acteurs de se rencontrer, d’échanger sur leurs problèmes, de s’entraider ? Nous sommes persuadés que chaque individu a sa contribution à apporter, et des milliers d’idées à découvrir.

C’est le pari qu’on fait chez Impala. Favoriser la création d’espaces de coopération et d’apprentissage pour engager les différentes communauté et les faire travailler ensemble, leur permettre de s’inspirer les uns les autres. Leur donner les outils pédagogiques pour avancer ensemble dans la même direction, leur donner des moyens innovants pour se projeter dans l’avenir et élargir leurs perspectives.

Nos équipes de conseillers pédagogiques ont mis au point une programmation de webinaires livepar secteur, où professionnels et jeunes peuvent échanger et débattre. Favorisons les rencontres qui font naître l’inspiration !

Posted inÉducation à l'orientation

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